Valérie Mazouin

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Valérie Mazouin

Valérie Mazouin has been director of CAC Chapelle St Jacques in Saint-Gaudens since 2002. After having studied Arts, she focused her interest on working with public. She is responsible of the artistic direction of the art center since 2002. At that time, she starts programming art exhibitions following precise ideas, based on reflecting narrative and literature, while maintaining a strong connection with architecture and landscapes, and giving a place to experimentation. She invites both young and prominent artists from the French art scene to perform their personal projects. Notables exhibitions: Berdaguer & Péjus, Marc Desgranchamps, Délphine Gigoux-Martin.

Project: Piano – alto!
Space: CAC Chapelle St Jacques

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VINCENT HONORÉ IN CONVERSATION WITH VALÉRIE MAZOUIN, CAC CHAPELLE ST JACQUES, SAINT-GAUDENS

VINCENT HONORÉ IN CONVERSATION WITH VALÉRIE MAZOUIN, CAC CHAPELLE ST JACQUES, SAINT-GAUDENS

Vincent Honoré Can you tell us about the centre d’art and its environment?
Valérie Mazouin The institutional purpose of the centre dart Chapelle Saint-Jacques in St Gaudens manifests itself through a way of seeing things and a through a connection with the city and region, which have a stake in it. Actors in the region need to join forces to provide the public with dynamically open access to culture. We wish to offer a place that establishes circulations between visual arts, architecture, urbanism, and economic and social life. The centre dart wants to contribute to a public policy that lays down the conditions for a new development of the region, and supports a process that is currently giving concrete form to a political fact.
Art and culture can be very powerful levers of communal life. These have the ability to bring meaning, desire and community to social developments that are all too often merely endured. The involvement of our partners shows that the legibility of the centre dart is a genuine regional concern, and with this project, they support events in the large sense, but not events in the small day-today sense. In fact, developing this centre means believing in utopia as a development value, since today art is one of the best forms of shared expression.

V.H. It seems increasingly difficult to operate small, often isolated centres in France. This raises the question of their validity in a region that may not be conducive to contemporary art. Does the question also arise of the utopian nature or obsolescence of regional divisions and the dissemination of contemporary art? Or the lack of public will?
V.M. The centre operates on a budget of 160,000 euros, including salaries. So it’s a small centre. The project is therefore difficult to manage. Despite all of these problems, we were able to develop a project policy directed at the region. Our partners are numerous and varied. Not everyone currently supports us but that’s perfectly normal. The centre dart has occupied an important position throughout its twenty-year existence. Its activities have genuine legitimacy. This is not a matter of minimising the difficulty, but rather of taking account of the demand of a public that doesn’t always manage to make itself heard. Politicians don’t represent the public. They only come to exhibition openings and they often have electioneering aims. On the other hand, the visitors we meet are happy to have this place in their lives, offering something different in a rural area. In terms of utopia, it’s hard to justify the presence of a centre dart. Giving ourselves the possibility of creating a breeding ground means engaging in discourse that is situated on the level of economics and regional development. Utopia comes into play in our programming and mediation. The work aimed at the public is essential for making people aware that a programme is first and foremost a little utopia factory. It’s possible to bring politicians this far on these questions of utopias. It’s quite complex and tedious, but we have a role to play as citizens. We should be political actors of this public will.

V.H. As director, how do you articulate your programme? What are the highlights of 2015?
V.M. Even though our programming alternates between young, emerging and recognised artists from the French scene, we are still primarily focused on supporting young artists. Visual artists are usually invited to the centre dart to conceive works on site. The place needs to be taken into account, in its entirety and through its architecture, a 17th century chapel. The programming aims to bring out its narrative density, seen as a plinth for the project.

V.H. What are the ethical, artistic and social responsibilities of the director of a centre d’art in 2015?
V.M. As I’ve already mentioned, we have a civic role, we have this role as an educator to foster understanding, to train and sustain, for artists, for the public.
Because we must continue to advance and help contemporary art to be a maker of utopias and ideas. We’re political actors who have the mission of promoting independent thought.

V.H. PIANO creates a network between French and Italian art centres. Why is it important to collaborate, and what is the project you’re going to present?
V.M. Collaborating on PIANO means working in a network and sharing ideas, testing new ways of working, experimenting with the unknown. We also need to promote the work of the centres d’art abroad and PIANO offers an excellent opportunity. Our project for the PIANO platform is Piano – alto! Des géographies nomades, with artists Nina Fiocco, Lise Lacombe, Jérémy Laffon, Daniele Pezzi and Guillaume Robert.

Space: CAC Chapelle St Jacques
Protagonist: Valérie Mazouin
Project: Piano – alto!

Vincent Honoré Pouvez-vous nous présenter le centre d’art et son environnement ?
Valérie Mazouin Le projet d’établissement du centre d’art Chapelle Saint-Jacques à St Gaudens se manifeste par un regard et une rencontre avec la ville et les territoires investis. Les acteurs des territoires doivent se mobiliser pour un accès à la culture en direction des publics dans des dynamiques ouvertes. Nous souhaitons offrir un site qui organise les circulations entre les arts plastiques, l’architecture, l’urbanisme, la vie économique et sociale. Le centre d’art veut s’inscrire dans une politique publique qui pose les conditions d’un nouveau développement du territoire et favorise un chantier qui aujourd’hui incarne un fait politique.
L’art et la culture peuvent être des leviers très puissants du « vivre ensemble ». Ils ont le pouvoir de donner du sens, du désir et du collectif aux évolutions sociétales trop souvent subies. Ainsi, l’engagement des partenaires montre que la lisibilité du centre d’art est un véritable enjeu de territoire, et avec ce projet, ils soutiennent l’événement mais pas l’évènementiel. En effet, faire évoluer cette structure c’est croire en l’utopie comme valeur de développement, car aujourd’hui l’art en est une des meilleures expressions partagées.

V.H. Il semble de plus en plus difficile de faire fonctionner en France des structures petites, souvent isolées. Se pose la question de leur validité dans un territoire qui peut être n’est pas propice a l’art contemporain. Est-ce que se pose aussi la question de l’utopie ou de l’obsolescence de la répartition territoriale et de la diffusion de l’art contemporain ? Ou de l’absence de volonté publique ?
V.M. La structure fonctionne avec un budget de 160 000 €, salaires compris. C’est donc une petite structure. Le projet est donc assez difficile à mener. Nous avons, malgré toutes ses difficultés, pu développer une politique de projet tournée vers le territoire. Les partenariats sont nombreux et diversifiés. Aujourd’hui nous n’obtenons pas l’adhésion de tous et c’est tout à fait normal. Le centre d’art tient une place importante depuis vingt ans d’existence, il y a une réelle légitimité de ses actions. Il ne s’agit pas de minimiser la difficulté, mais plutôt de prendre en compte la demande d’un public qui ne sait pas toujours se faire entendre. Les élus ne représentent pas le public, ils ne se déplacent que pour les vernissages et leurs visées sont souvent électoralistes. En revanche, le public que nous rencontrons est heureux d’avoir ce lieu de vie qui amène une offre différente sur un territoire rural. En terme d’utopie il est difficile de justifier la présence d’un centre d’art. Nous donner la possibilité de vivier c’est avoir un discours qui se place au niveau économique et de développement territoriale. L’utopie se joue dans la programmation et la médiation. Le travail en direction des publics est essentiel pour faire prendre conscience qu’une programmation est avant tout une petite fabrique d’utopies. C’est à cet endroit qu’il est possible d’amener les élus sur ces questions d’utopies. C’est assez complexe et fastidieux, mais nous avons un rôle à jouer en tant que citoyens. Nous devons être acteurs politiques de cette volonté publique.

V.H. Comment en tant que directrice articulez-vous votre programme ? Quels sont les temps forts de 2015 ?
V.M. Même si la programmation alterne entre la jeune création, la création émergente et les artistes reconnus de la scène artistique française, l’axe fort reste le soutien à la jeune création. Les plasticiens invités sont accueillis au centre d’art pour faire des propositions le plus souvent in situ. Le lieu nécessite d’être pris en compte dans son intégralité et par son architecture, une chapelle du 17ème siècle. La programmation souhaite faire émerger la densité narrative vue comme un socle au projet.

V.H. Quelles sont les responsabilités éthiques, artistiques et sociales d’une directrice de lieu d’art en 2015 ?
V.M. Comme déjà évoqué, nous avons un rôle citoyen, nous avons ce rôle de pédagogue pour faire comprendre, entraîner et continuer pour les artistes, pour le public.
Car nous devons continuer d’avancer et d’aider la création contemporaine facteur d’utopie et de réflexions. Nous sommes des acteurs politiques qui avons comme mission de promouvoir une autonomie de la pensée.

V.H. PIANO crée un réseau entre les centres d’art français et italien. Pourquoi était-ce important de collaborer et quel est le projet que vous allez présenter ?
V.M. Collaborer à PIANO c’est travailler en réseau et partager des idées, tester de nouvelles modalités de travail, expérimenter l’inconnu. Il nous faut aussi promouvoir le travail des centres d’art à l’étranger et PIANO est une excellente opportunité. Le projet inscrit dans la plateforme PIANO est Piano – alto! Des géographies nomades, avec les artistes Nina Fiocco, Lise Lacombe, Jérémy Laffon, Daniele Pezzi et Guillaume Robert.

Image:
1. Lionel Redon. Ici, Ailleurs, 2013, exhibition view at CAC Chapelle St Jacques. Photo: F. Deladerrière

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